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2007


Le salon du cheval d'Albi

Lucien GRUSS et les 4 éléments


Il y avait sans nul doute un sens caché à ce titre et ce jeu de cache-cache, c’était entre le public et le cœur de ce spectacle qu’il fallait le trouver. Au bout du compte, force est de constater que la critique ne peut se porter que sur l’adéquation entre l’imaginaire et le vécu, entre le phantasme et la réalité et non pas sur telle ou telle prouesse technique des acteurs. Il ne s’agit pas ici de numéros physiques, se succédant au rythme de musiques aux tempos trépidants.

Le spectacle d’Albi ressemble davantage à un théâtre équestre et l’on est plus proche de la féerie de Zingaro que d’un spectacle dans des arènes. La salle intimiste à souhait permet le phantasme théâtral et lyrique. D’ailleurs, les concepteurs de ce spectacle ne s’y sont pas trompés : pas de grande cavalcade mais des numéros d’émotions, emphatiques et colorés. J’avais entendu 4 éléments, mais il m’aura fallu quelques minutes pour en comprendre le sens : des hommes et des femmes ; des chevaux ; de la lumière et du son.

Les artistes nous ont fait rêver Comment fait-il Lucien GRUSS, après un terrible accident, pour être la, souriant, avec de nouveaux chevaux et de nouveaux numéros ou la complicité va au-delà de l’explicable et tutoie le surnaturel. Les Jenny, Raphaëlle, Vincent, Laurent, Sylvain, Aude, Laetitia et Adèle, à pieds ou montés, nous entraînent de l’exploit sportif jusqu’à la grâce et la légèreté de mouvements sans mouvement ou le geste est remplacé par l’intention.

Et ces chevaux, tous magnifiques, volontaires, avec ce désir de plaire au maître bien sur mais également au public. Ne croirait-on pas qu’ils comprennent que les applaudissements sont pour eux ? Lucien GRUSS parle à ses chevaux, mais dans la lumière des projecteurs, dans le silence de la piste, ne serait ce pas les chevaux qui lui parlent ? Des chevaux blancs, noirs, crèmes ou mouchetés, des espagnols ou des portugais ou autres, tous sont des vedettes, des artistes aux services de leur partenaire.

Il est des artistes qui ne savent pas qu’ils sont des artistes
. Ce sont pourtant des magiciens, car ils ont dans les mains la réussite du spectacle. La lumière est l’élément le plus déterminant. Sans elle pas de rêve, pas d’émotion, pas de faux-semblant seulement des murs, des rideaux, du noir, du blanc, du général. La particularité est donnée par la poursuite, l’imaginaire s’enflamme avec les ombres, les ocres, les bleus. Les réalités disparaissent, laissant la place à la magie, à l’irréel, à des mondes parallèles et inédits.

Et pour finir le tableau, la musique. Place au classique et aux musiques exotiques et parfois ésotériques. Peut-on imaginer un spectacle sans musique ? Que serait l’émotion sans ces notes, enjouées pour faire rire, endiablées pour marquer les tempos, poétiques pour nous faire pleurer. Tout le monde a vu les regards de connivences entre Lucien GRUSS et ses chevaux et la musique croisée et intensifiée par la poésie d’une mélodie sentimentale et onirique a donné à cet instant une profondeur et une puissance incroyable.

Les applaudissements du public
, debout et enthousiaste, n’ont fait que rappeler qu’un spectacle n’a de sens que si des liens se sont tissés entre les spectateurs et les acteurs. Dany AILE et Dominique du TRIEU, créateur de ce moment d’art équestre avaient des messages à faire passer, romantiques, poétiques, artistiques. Bien sur, on n'a pas tout compris ! Il y a des messages cachés !

Avec Frédéric SALABRA, les cavaliers de Chambord, Gilles FORTIER en 2003, Lucien GRUSS en 2004, le cheval au cinéma et Mario LURASCHI en 2005, puis des créations personnelles en 2006, une nouvelle création en 2007 avec Gilles FORTIER, Lucien GRUSS et les quatre éléments cette année sans oublier le Zénith de Toulouse avec Mario et cet été un spectacle aux arènes de Mimes avec Jean Marc IMBERT, Dominique du TRIEU de TERDONCK entre par la grande porte dans le cercle fermé des organisateurs de spectacles équestres francais.


Dessus, dessous, à coté, voila les voltigeurs fous en action. La poste hongroise comme si de rien n'était, les à terre à cheval, les poiriers...
Tout leur paraît facile, et quand l'un d'entre eux passe sous le cheval lancé au galop, les sabots passant au ras de son visage, le public retient son souffle et le numéro s'achève sous un tonnerre d'aplaudissements.
Jenny LARGILIERE peut être fière. toutes ces années de travail, sous la houlette de son REMY de mari qui voit enfin la consécration de sa cavalière préférée. C'est que le dressage équestre artistique, ca n'était pas gagné. Mais le fait est la. Jenny n'est pas à cheval , elle est une icone, gracieuse et rayonnante, sa monture et elle ne font qu'un. Quand on oublie l'équitation et que le geste devient de l'art, on n'est pas loin de la perfection équestre
Il n'y avait pas que des cavaliers ou des chevaux dans ce spectacle. Il y avait des danseurs, des acrobates, de la gestuelle, des histoires d'hommes et de femmes.
Vincent LIBERATOR, c'est finalement le petit dernier. Elève de Jean yves BONNET, il a pris de lui la passion du dressage, la patience, le geste qui convient. Evidemment, il possède la fougue des gens jeunes ce qui le rend parfois incontrolable mais tout cela a t-il vraiment de l'importance ? A pieds ou à cheval, il a cette maitrise des professionnels du spectacle équestre, ses chevaux sont beaux et bien mis. Il n'y a plus que le temps et la répétition qui pourront l'amener à la perfection.
Raphaelle CHEVALIER est une belle cavalière qui s'est découverte artiste équestre. Elle a raison. Elle a toute une vie pour parfaire l'harmonie qui la lie à sa monture.
   




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